Présentation

À l’emploi de la Société Canadienne des Postes pendant 18 ans, Serge Marchetta quitte en 1993  pour se consacrer entièrement à sa carrière d’artiste en arts visuels. Depuis l’obtention d’un Baccalauréat en arts plastiques à l’Université du Québec à Montréal en 1995, il a participé à plus d’une trentaine d’expositions tant individuelles que collectives à Montréal, Ville-Marie, Rouyn-Noranda, Québec, Lévis, Saint-Jérôme et en République Tchèque. Il est récipiendaire de plusieurs prix et certaines de ses oeuvres font parties de collections publiques et privées. Il s’implique également dans son milieu à titre de commissaire, galeriste et membre actif d’associations d’artistes.

En tant qu’artiste, les préoccupations de Serge Marchetta sont de l’ordre de la perception. Au-delà de l’articulation plastique de la composition, il tente de relativiser le positionnement du spectateur dans la captation de l’oeuvres. Il s’intéresse plus particulièrement aux notions de nuances et d’effets illusionnistes dans l’espace bidimensionnel et tridimensionnel. Procédant d’une esthétique réductionniste, son travail est associé à l’abstraction géométrique, l’art minimaliste et l’art concret. S’exprimant d’abord par la peinture, son travail actuel se développe autour de l’installation in situ.


Oeuvres 2000 à 2005

À partir de l’année 2000, Serge Marchetta développe un langage plastique qui se fonde sur le métissage de matériaux et de techniques. Ce fut le point de départ d’une recherche intense sur un ensemble de phénomènes optiques (effets ondulatoires et de polarisations) créés à l’aide de la moustiquaire.

En 2003, l’artiste se tourne vers le dessin. Il en émerge la série Les Yeux d’Argus qui se compose majoritairement d’oeuvres sur papier. En empruntant aux techniques de l’estampe, l’artiste questionne, d’une part, les qualités du papier en exploitant sa flexibilité par des actions, à la fois, sur son recto et son verso. D’autre part, Marchetta se penche sur le rapport entre le spectateur et l’oeuvres par sa proximité et son éloignement avec celle-ci et conséquemment,  son appréhension du jeu subtile entre les parties dessinées et les reliefs.

Depuis 2004, son travail se dirige principalement vers le in situ. Cependant de façon ponctuelle, Marchetta revient au dessin traditionnel comme en témoignent les séries réalisées en 2005, « Grilles », «Damiers », « Distorsions » et «Jeux optiques ». Ces séries explorent  les phénomènes d’aperception des formes et du mouvement. À l’aide du quadrillage et du damier que l’artiste fusionne par superpositions, décalages et alternance, il crée des images visuellement ambiguës qui questionnent notre capacité à deviner et compléter intellectuellement les formes ainsi que de saisir leurs déplacements. Le temps de regard alloué devient très important pour y déceler les stratégies visuelles, les différentes manipulations, parfois très subtiles et les tensions structurales exercées sur le pourtour des figures et des supports.
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Depuis 2006, sa production se situe entre la pratique du dessin et la sculpture. La ligne, élément intrinsèque du dessin, se situe au premier plan, pour elle-même. Elle s’anime, circule en réseau sur le mur, le sol, le plafond. Elle se matérialise. Elle devient objet.

Intrigantes au premier regard, les œuvres réalisées à l’aide du fil de coton, s’articulent autour des rapports support/surface et support/espace. Aussi, le lieu influencera grandement la composition de l’œuvre. Par des systèmes qui oscillent entre le calcul et le hasard, les tracés occupent les surfaces de façon surprenante. Ce va et vient entre le planifié et l’improvisé permet des variations presque à l’infini.

Depuis peu, l’artiste intègre la notion de récupération en réutilisant les fils des installations antérieures pour les insérer dans des petits contenants translucides (cubes).  Ainsi, il accumule et réutilise ces boîtes/cubes dont le fil est confiné dans cet espace étroit pour l’associer ou l’opposer au fil qui se déploie et circule librement dans la galerie.  

Donc, ce travail sur la ligne, ces emprunts au métier du tissage et de la broderie, alliés à des compositions  sur papier questionnent notre conception du dessin et son support dans le contexte de l’installation in situ.



Serge Marchetta
Février 2008
photo:© Michel Pinault